Quand l’urbain dicte la norme : repenser l’évaluation des territoires ruraux
Lors d’une récente réunion de l’observatoire de la ruralité en Vendée, réunissant élus locaux, le préfet et la directrice académique des services de l’Éducation nationale (DASEN), une présentation a été effectuée sur les réalités des territoires ruraux. Cependant, un détail notable a émergé : les indicateurs utilisés pour évaluer ces territoires étaient systématiquement établis en référence à l’urbain, positionnant ainsi la ruralité comme une déclinaison appauvrie de la norme urbaine.
Cette approche n’est pas nouvelle mais elle vient alimenter la critique de l’approche dominante qui consiste à évaluer la ruralité à l’aune de l’urbain, sans prendre en compte ses spécificités propres. Cette posture révèle un biais sociologique profond, où l’urbain, perçu comme la norme, relègue implicitement la ruralité à une position subalterne, toujours en quête de rattrapage. Or, cette conception dominante masque la richesse des pratiques locales et empêche une reconnaissance de la diversité des modes de vie ruraux.
En définitive, ce que révèle cette réunion n’est pas simplement une maladresse méthodologique, mais bien un enjeu politique et sociologique majeur : repenser les cadres d’évaluation du rural pour que celui-ci ne soit plus réduit à une simple déclinaison appauvrie de l’urbain, mais reconnu comme un espace à part entière, porteur d’une diversité précieuse pour penser les territoires de demain.